What about shadow banking ?

(French version below)

 

This mysterious term does not mean, as its name might suggest, an occult or illicit finance. In terms of weight, shadow finance represents half of the traditional banking system, equivalent to the annual global GDP. Shadow banking refers to all the activities that contribute to financing the economy but that are not part of the traditional banking or institutionalised system.

There are a large number of players in this sector: investment funds, broadcaster, hedge funds, securitisation funds, capital investment companies, etc. This sector offers a wide range of activities going from simple SME loans to structuring more complex assets and with any strategies from highly risk averse to totally speculative. 

So what is the difference with traditional banks?

Shadow banking institutions do not receive deposits from savers; they fund themselves among the qualified investor community and raise leverage typically through prime brokers or banks. Unlike banks, shadow banking has no power of monetary creation and does not have access to the liquidity of central banks. Consequently there do not have any support from the central bank in the event of distress. The big difference will therefore result in government involvement. Indeed, “shadow” refers also to the fact that this sector is not subject to traditional banking regulations.

What is the origin of this parallel market?

With each new financial crisis, banks find themselves forced to sell assets and also, new regulatory constraints are introduced. New assets are brought to the market, either directly or via securitisation vehicles, in form of cash but also synthetic investment structures. So shadow banking initially appeared to fill this void in the market. The shadow market helped the banking community to meet the constraints imposed by the regulations but also the investor community to whom banks did not have direct access to.

What are the main limitations of this system?

Given the weight of shadow banking in the overall financing of the economy, its interdependence with the traditional banking system is a major risk. This is what happened during the 2008 crisis: the securitization of the riskiest subprimes was done in the shadow banking sector, since banks could not finance them directly. Consequently during the market downturn, the actors seek to cut their possession, legitimately so. This represents a source of asset price volatility, most notably at distressed economic situations. Movements in this sector are interdependent with the real economy and  therefore the volatility in the shadow banking does also represent a systemic risk.

Can shadow banking be regulated?

After each crisis the regulator seeks to ensure that the same cause of crisis and the same crisis effect is not to arise again. The regulator action is backward looking and therefore always structurally late. Thus, regulating shadow banking would be unlikely to prevent a new crisis and new type of crisis from occurring.

This is a vicious circle: the result of too much regulation of the traditional banking system has led to the creation of the shadow banking. The risk to come to regulate shadow banking would be to see shadow shadow banking appear (and it can continue with shadow shadow shadow banking, we’ll stop there!).

Moreover, shadow banking is not unhealthy, it is complementary and essential to the financing of the economy because it allows the development of alternative and/or complementary sources to bank financing.

What is the future of shadow banking?

We can stay assured that it will continue to play a key role in global financing. More and more organizations will become involved in shadow banking. Large companies with excessive treasury will invest directly or indirectly to the system. .

Some countries such as China will also have an impact on the future of shadow banking. Since 2015 the shadow banking has experienced very strong growth in China. In 2016, the $4.1 trillions invested in the shadow banking accounted for a large part of the explosion in the debt-to-GDP ratio in China (277% at the end of 2016).

Question arises if this phenomenon is becoming more dangerous, perhaps comparable to the subprime crisis? Loans and other real economy investments are being sold to secondary markets in multiple formats and with multiple risk profiles. Not only the lack of transparency but also the lack of profound understanding at the investor community is expected to create once again unexpected market turmoil of some nature.

However, at the same time the shadow banking contributes significantly to the country’s growth by maintaining investment. It becomes a political issue: the risk of a financial crisis in the long term or a short-term economic stagnation?

 

 

-French version

Qu’est ce que le shadow banking ?

Ce terme bien mystérieux ne veut pas dire, comme son nom pourrait le laisser penser, une finance occulte ou illicite. En termes de poids, la finance de l’ombre représente la moitié du poids du système bancaire traditionnel, soit l’équivalent du PIB mondial annuel. Le shadow banking désigne l’ensemble des activités contribuant au financement de l’économie mais ne faisant pas partie du système bancaire traditionnel ou des investisseurs institutionnels.

Les acteurs de ce secteur sont très nombreux : les fonds d’investissements, les brokeurs, les hedge funds, les fonds de titrisation, les entreprises de capital investment etc. Ce secteur offre une vaste gamme d’activités allant de simples prêts aux PME à la structuration d’actifs plus complexes et d’autres opérations à haut risque voire purement spéculatives.

Quelle est donc la différence avec les banques traditionnelles ?

Les institutions du shadow banking ne reçoivent pas de dépôts de la part des épargnants. Contrairement aux banques, le shadow banking n’a pas de pouvoir de création monétaire et n’a pas accès à la liquidité des banques centrales. Il n’y aura donc pas de soutien de la banque centrale en cas de défaut de paiement. La grande différence va donc résulter dans l’implication du gouvernement. En effet le terme « shadow » désigne le fait que ce secteur est peu soumis aux règlementations bancaires traditionnelles.

Comment cette finance parallèle est-elle apparue ?

A chaque nouvelle crise financière de nouvelles règlementations apparaissent, ce qui pousse les banques à court-circuiter le système et vendre les actifs risqués sur le marché par l’intermédiaire de ces établissements financiers. Le shadow banking est donc initialement apparu pour aider le système bancaire traditionnel à répondre aux contraintes imposées par les régulations mais aussi pour les investisseurs et les emprunteurs auxquels les banques ont de plus en plus de mal à répondre.

Quelles sont les principales limites de ce système ?

Etant donné le poids du shadow banking dans le financement global de l’économie, son interdépendance avec le système bancaire traditionnel est un risque majeur. C’est ce qu’il s’est passé lors de la crise de 2008 : la titrisation des subprimes les plus risqués se faisait sur le secteur du shadow banking puisque les banques ne pouvaient pas les financer directement. Par conséquent, pendant la crise, les acteurs du secteur ont cherché, légitimement, à vendre leurs actifs rapidement. Une fois de plus les mouvements sur ce secteur sont interdépendants du reste de l’économie et présentent donc un risque systémique.

Peut-on réguler le shadow banking ?

Après chaque crise, la règlementation vient assurer qu’elle ne se reproduise pas à nouveau. La règlementation est donc toujours en retard. Ainsi, même une régulation du shadow banking n’empêcherait pas une nouvelle forme de crise de se produire.

Il s’agit d’un cercle vicieux : la conséquence de trop de régulations du système bancaire traditionnel a mené à la création du shadow banking. Si on régule le shadow banking, le risque serait de voir apparaître le shadow shadow banking (et ça pourrait continuer encore avec le shadow shadow shadow banking, mais nous nous arrêterons là !).

De plus, le shadow banking n’est pas malsain : il est essentiel au financement de l’économie car il permet le développement de sources alternatives et/ou complémentaires au financement bancaire.

 Quel est l’avenir du shadow banking ?

Nous pouvons de façon certaine assurer qu’il va continuer à jouer un rôle clé dans le financement mondial. De plus en plus d’organisations vont devenir actrices du shadow banking. Les grandes entreprises possédant une trésorerie excessive vont directement ou indirectement prêter à d’autres organisations.

Certains pays comme la Chine vont aussi avoir un impact sur l’avenir du shadow banking. Depuis 2015, le shadow banking connaît une très forte croissance en Chine. En 2016 les 4,1 trillions de dollars investis dans le shadow banking expliquent une grande partie de l’explosion du ratio dette/PIB en Chine (277% fin 2016). Pouvons-nous comparer ce phénomène, devenant de plus en plus risqué en Chine, à la crise des subprimes ?

En effet, les prêts et d’autres investissements sont vendus sur le marché secondaire sous diverses formes présentant des profils de risques différents. Non seulement le manque de transparence, mais aussi l’incompréhension de la communauté des investisseurs pourraient à nouveau créer des turbulences sur les marchés.

Cependant le shadow banking contribue largement à la croissance du pays en maintenant l’investissement. Cela devient un enjeu politique : risque d’une crise financière à long terme ou risque d’une stagnation économique à court terme ?

 

Astrid Liedes

astrid.liedes@grenoble-em.com

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