Construire un portfolio performant : 7 pistes de réflexion

Perdus dans les flux d’informations ininterrompues des places financières et des médias ? Incapables de savoir par où commencer pour construire un portefeuille à partir de vos économies ? Voilà quelques idées et concepts pour orienter votre réflexion lorsque vous décidez d’investir en bourse et constituez un portefeuille d’actifs.

# 1 – Méthode : établir le processus de construction du portefeuille

La construction du portefeuille requiert un ensemble intégré d’étapes entreprises de manière cohérente en accord avec des objectifs fixés en avance.

Cette combinaison logique et ordonnée d’activités comporte 3  principales étapes : planification (cf. #2), exécution (cf. #5), feedback (cf. #6).

La constitution du portefeuille est un concept dynamique et flexible. La stratégie et les objectifs peuvent être modifiés pour répondre aux dynamiques de marché ou à de nouvelles attentes personnelles. Ne pas rester figé pour réagir au mieux à ces changements est très important.

C’est aussi un processus continu et systématique qui demande des tâches récurrentes d’analyse, et la mise en œuvre et l’amélioration constante d’une stratégie.

# 2 – Planification : formuler ses objectifs d’investissement

Avant toute chose, la stratégie doit être définie dans le processus de construction du portefeuille. Les critères suivants en constituent la trame :

  • rapport risque/rendement : Il est crucial de déterminer le profil du portefeuille en termes de rendement et de volatilité (cf. #5). Le niveau de tolérance et d’aversion au risque de l’investisseur doit être connu à l’avance ;
  • montant de l’investissement : Le montant du capital initial apporté par l’investisseur détermine le nombre de valeurs dans lesquelles investir et le montant des positions dans chaque valeur. L’apport dépend de la phase du cycle de vie dans laquelle se trouve l’investisseur et de son patrimoine ;
  • horizon de temps : La durée d’immobilisation de l’investissement initial dans les positions doit être définie. Elle dépend du choix de liquidité de l’investisseur qui selon les cas voudra récupérer une partie ou la totalité de son capital dans 1 an, 5 ans, 10 ans ou même 30 ans;
  • ressource en temps disponible : Le temps disponible doit être pris en compte pour mener à bien les analyses nécessaires, les phases d’exécution et de feedback. Ce sont des processus chronophages qui pourraient faire changer d’avis l’investisseur sur sa stratégie et la manière dont il met en place son analyse (propre réalisation ou délégation à un tiers) ;
  • stratégie de gestion du portefeuille : L’investisseur peut faire le choix d’implémenter une gestion passive ou active de ses actifs. Avec une gestion passive, la composition du portefeuille ne change pas en fonction des changements d’attente des marchés (buy and hold strategy). La stratégie d’indexation est un bon exemple de stratégie passive qui a pour but de suivre les indices boursiers comme le CAC 40 ou le S&P 500 entre autres. La gestion active permet le changement de la composition du portefeuille en fonction des attentes des marchés. L’objectif est de générer des rendements excédentaires par rapport au marché en vendant les valeurs survalorisées et en achetant les valeurs sous-valorisées.

# 3 – Projection : établir les attentes du marché

L’un des points prépondérants de la phase de planification est l’analyse des dynamiques de marché et des dynamiques sectorielles. Comprendre ces dynamiques et déterminer les secteurs en essor, en ralentissement ou en déclin est essentiel pour pouvoir optimiser ses investissements et se prémunir des dangers.

Les fournisseurs de données sont des entreprises spécialisées comme Bloomberg ou Refinitiv. Des cabinets de conseil ou des banques peuvent aussi réaliser des études et des analyses sectorielles ou individuelles sur des valeurs précises.

Le deuxième point important de la projection consiste à déterminer le rapport entre prix du marché et valorisation. Cette différence peut être établie par le biais d’estimations grâce à des modèles de valorisation (intrinsèque ou relative).

Par ailleurs, il est parfois plus utile et économique de suivre les recommandations réalisées par les banques ou entreprises spécialisées. Analyser les consensus peut faire gagner beaucoup de temps au moment de choisir sur quelles valeurs se positionner. Établir le moment d’entrée sur le marché le plus approprié grâce aux outils d’analyse fondamentale et technique est tout aussi primordial.

# 4 – Diversification : établir une stratégie optimale d’allocation du capital

La réduction des risques spécifiques à chaque actif pour ne garder que le risque inhérent au marché est la clé pour réussir à construire un portefeuille performant. Toute la tâche réside dans la minimisation du risque, c’est-à-dire la minimisation de la volatilité du rendement du portefeuille, définie par la variance historique du rendement.

En effet, un portefeuille diversifié présente une volatilité inférieure à la volatilité des valeurs individuelles. Ainsi, une baisse d’un prix d’un actif du portefeuille compense la hausse du prix d’un autre.

La pondération de chaque valeur dans le portefeuille doit être en accord avec le niveau de risque voulu par l’investisseur pour un taux de rendement donné. Pour déterminer ces poids, il faut trouver un portefeuille d’actifs qui minimise la variabilité du rendement (meilleur ratio risque/rendement). Nous passerons les détails mathématiques pour résoudre ce problème par soucis de synthèse.

Les contraintes suivantes doivent être respectées :

  • Le rendement du portefeuille est égal à la moyenne pondérée du rendement des actifs du portefeuille ;
  • La somme des poids est égale à 1.

Les valeurs choisies lors de la phase de planification doivent présenter une faible corrélation entre elles concernant l’évolution de leurs prix. Inclure des valeurs dans des secteurs variés et des industries différentes est un bon moyen d’atteindre la diversification.

# 5 – Exécution : mettre en œuvre sa stratégie

Une fois que la planification a été menée à bien, il est maintenant temps de passer les ordres en accord avec la stratégie établie. Acheter les valeurs ciblées dans les secteurs repérés, acheter les valeurs sous-valorisées et vendre celles qui sont survalorisées est à la base de la phase d’exécution. 

Toutefois, le coût de transaction de chaque ordre est un facteur non négligeable à considérer dans la rentabilité finale du portefeuille. La phase de planification et d’analyse est prépondérante dans l’optimisation des coûts de transaction.

Si l’analyse des transactions à passer est bien réalisée, une économie sur les coûts de transaction est réalisée. On rappelle que ces coûts servent à rémunérer les intermédiaires financiers facilitant les échanges (banquiers, courtiers, etc.).

D’un autre côté, si l’analyse est mal réalisée, l’augmentation des coûts de transaction peut avoir des effets négatifs sur la profitabilité (par exemple dénouer des positions à la hâte, fractionnement excessif à l’achat ou à la vente dans la gestion des positions).

# 6 – Feedback : analyser la performance

Dès que les transactions sont exécutées, le suivi de la performance de chacune d’entre elles doit être conduit.

Tout d’abord, il faut mesurer la performance, soit calculer le rendement de chaque actif et le rendement total du portefeuille.

Ensuite, l’attribution de la performance doit être réalisée. Le gestionnaire du portefeuille doit chercher et analyser les facteurs de sous-performance et de surperformance afin d’expliquer le rendement réalisé pour chaque valeur.

Enfin, l’évaluation de la qualité de la performance en matière de magnitude et de répétition par rapport à la performance du benchmark doit servir de base à la boucle de rétroaction qui alimente le processus de construction du portefeuille.

# 7 – Investissement durable : miser sur une société viable et équitable

Il était incontournable de mentionner les investissements en lien avec le développement durable et la transition énergétique dans la construction du portefeuille d’aujourd’hui et de demain.

Ces investissements englobent toutes les valeurs concernées par les nouvelles régulations et revendications sociales en matière de critères environnementaux, sociaux et de gouvernance ; c’est-à-dire tous les actifs du marché quel que soit le secteur.

L’évaluation ESG des entreprises est facilitée par des agences de notation comme MSCI ESG Research, Vigeo Eiris, ou Sustainalytics. La distribution des données passe par des fournisseurs spécialisés comme Trucost, RepRisk ou TruValue Labs.

Cependant, quelques conditions doivent être réunies pour permettre une diffusion et une compréhension efficaces des données ESG :

  • information pertinente et juste disponible sur les 3 critères ESG ;
  • identification des risques ESG et capacité à les associer à des responsables précis ;
  • capacité de futurs événements défavorables à impacter le prix des actifs dans le présent sur les marchés.

Dès lors, différentes stratégies d’investissement durable peuvent être mises en place:

  • risk-avoiding : Inclure dans son portefeuille les actifs ayant les meilleurs scores au sein de chaque secteur (best-in class) tout en maintenant un rapport risque/rendement similaire. De même, l’investisseur peut implémenter une stratégie d’exclusion, c’est-à-dire ne pas sélectionner les actifs ayant un mauvais score.
  • risk-taking : Investir dans des actifs quitte à dévier du rapport risque/rendement initial du portefeuille. La stratégie best-in universe consiste à inclure des valeurs ayant les meilleurs scores ESG même si le risque augmente et une partie du taux de rendement est sacrifiée.  La stratégie impact investing a pour objectif d’investir dans des actifs reflétant une conviction dans des projets à haut-risque. Enfin, la stratégie d’investissement thématique permet d’investir sur un sujet spécifique comme le vieillissement de la population ou l’intelligence artificielle.
  • risk-neutral : Inclure des valeurs dans son portefeuille en considérant les informations extra-financières à égalité avec les informations financières dans la prise de décision.
  • climate-related investing : Choisir des valeurs en se basant sur une information donnée sous forme d’émission de carbone et non pas au travers d’un score ESG.

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